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ISLAMALGAME

Le 09 janvier 2015
ISLAMALGAME
A tort, nombreux sont ceux qui s’emparent de l’attentat contre Charlie-Hebdo pour faire du peuple arabe, de la communauté musulmane, ou des deux, la cause exclusive de ce drame. Ce raisonnement n’épargne aucune catégorie socio-professionnelle, aucune génération et c’est en cela que se pose la question de savoir ce qui peut conduire à de tels faux-semblants.
 

La France multiculturelle, comme il est désormais coutume de l’appeler – celle qui naquit expressément en 1998 de triplés « black blanc beur », comme cul et chemise le temps d’un été au prétexte que c’est Zinedine Zidane qui avait marqué, que c’est la France qui avait gagné, ou les deux – cette France multiculturelle donc, arbore son Hexagone comme grande terre d’accueil.
 

Ainsi la France compose-t-elle notamment avec une communauté musulmane forte ; par ailleurs, des millions de citoyens français sont issus du peuple arabe, qui s’identifie par des liens linguistiques et/ou culturels communs.

 
Jusque-là, tout va bien. L’effet « black blanc beur » est passée par là mais malheureusement, l’aspirine a vite fondu et les maux de tête sont revenus au galop ; ce malaise prégnant qui caractérise notre société française, ce mauvais réflexe s’inscrivant dans la stigmatisation systématique.
 

Aussi simple que cela puisse paraître, la majorité des français non-issus du peuple arabe et/ou de la communauté musulmane connaît, de près ou de loin, au moins une personne issue dudit peuple et/ou de ladite communauté ; il peut s’agir d’un collègue, d’une copine de fac, d’un beau-frère, de son époux, d’un partenaire de club et j’en passe. A travers toutes ces personnes que chacun côtoie, il est évident que l’amalgame n’a pas voix au chapitre.
 

Et pourtant, de tous milieux désormais et en dépit des entourages de chacun, une peur saillante fait surface progressivement, du fait de l’émergence de cet amalgame.
 

En effet, à tort encore, les raccourcis existent et dès lors, arabe est assimilé à islam, islam à islamiste, islamiste à terroriste donc arabe à terroriste. Rien n’est clair dans l’esprit de tout un chacun alors qu’il suffit pourtant de se tourner vers son collègue, sa copine de fac, son beau-frère, son époux ou un partenaire de club pour se convaincre du contraire.
 

L’amalgame est renforcé par ce qui semble s’apparenter à une volonté, de la part de ces français issus du peuple arable et/ou de la communauté musulmane, de créer un point de rattachement avec l’actualité du fait de leurs liens linguistiques et/ou culturels communs.
 

En effet, il suffit simplement de constater le parti pris pour la Palestine.
 

Deux camps s’affrontent, à armes inégales sûrement mais ça n’est pas le débat : les palestiniens, les israéliens. Et puis finalement, chacun choisit son camp, tel que Diego Maradona par exemple, ou encore Charlie-Hebdo, affichant tous deux une ferme volonté de se ranger du côté du plus faible, c'est à dire du côté palestinien.
 

Les deux camps souffrent des civils tués alors qu’ils n’ont strictement rien demandé, d’un côté, Israël et sa force armée, Tsahal et de l’autre, le peuple palestinien avec ses pierres (Intifada) et ses tirs de rocket.
 

Le réflexe simpliste de certains citoyens français issus du peuple arable et/ou de la communauté musulmane est de prendre parti pour la Palestine, là où la majorité des responsables religieux, y compris musulmans, prend parti pour la paix. Les réseux sociaux se chargent de la communication.

 
En somme, prendre parti exclusivement pour la paix dans cet éternel conflit, c’est éviter de se faire taxer de pro-terroriste par les pro-israéliens et de pro-assassins par les pro-palestiniens. Prendre parti pour la paix, c’est prendre parti pour l’humanité, au-dessus de toute considération religieuse, ethnique ou culturelle. Ne serait-ce pas là une dose d'aspirine qui pourrait faire disparaître l'amalgame dans l'esprit de nombreuses personnes? 
 

Aussi, chacun est libre de prendre le parti de qui il veut. C'est cela, la Liberté, et c’est d’ailleurs ce que prône Charlie-Hebdo, celle de pouvoir s’exprimer librement, ce que beaucoup font actuellement à tort et à travers sur les réseaux sociaux.


Toutefois, l’amalgame trouve peut-être une explication dans ce parti pris qui se fonde exclusivement sur des liens linguistiques et/ou culturels communs et implicitement, pourrait laisser penser dans l’esprit de certains au rejet des liens linguistiques et/ou culturels communs français donc, au rejet de la France et des français, à tort encore.
 

Ensuite, plus en phase avec l’actualité bouillonnante, le (mauvais ?) réflexe de la communauté musulmane modérée consiste à se justifier de l’absence totale de lien commun avec les auteurs de l’attentat contre le journal Charlie-Hebdo et pour s’en convaincre, de se rendre sur les lieux du crime pour y prier (ce qui est remarquable en soi, mais pas forcément en adéquation avec le rejet de toutes les religions par Charlie-Hebdo) et de consacrer la prière du vendredi aux douze victimes de cet attentat.
 

Mauvais réflexe, il faut l’affirmer, car les auteurs des faits n’ont effectivement rien de commun avec le collègue, la copine de fac, le beau-frère, l’époux ou le partenaire de club, si ce n’est peut-être une base religieuse commune, à savoir l’islam, une infime minorité d’entre eux s’aventurant sur un chemin déviant, celui de l’Enfer…
 

Et après ?
 

Adolf Hitler, européen « pure souche », qu’il définissait par la race aryenne, se proclamait catholique dans Mein Kampf et pour autant, les citoyens français issus du peuple européen et/ou de la communauté catholique, ont-ils eu à se justifier auprès du monde entier de l’absence totale de lien commun avec le dictateur ?
 

Il apparaît que les auteurs des faits contre Charlie-Hebdo ont scandé des propos qui laissent à penser qu’ils ont agi au nom du prophète, mais pensez-vous vraiment que votre collègue, votre copine de fac, votre beau-frère, votre époux ou votre partenaire de club puisse un jour, commettre de telles atrocités sur le fondement de ses convictions religieuses ?

 
Je suis bien évidemment convaincu du contraire.